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ENTREVUES TOPO
 

La santé durable : pour mieux vivre ensemble, la nature, la planète et nous

Rencontre de Topo planification avec Dr Jean-Pierre Després, directeur de la science et de l’innovation de l’Alliance santé Québec

Dr Després explique par exemple qu’une étude sur le sujet a révélé que l'espérance de vie des gens de la Haute-Ville de Québec était en moyenne de 7 ans plus élevée que les personnes qui vivent en Basse-Ville (en incluant également Limoilou et Vanier).

L'Alliance santé Québec, dont il est le directeur de la science et de l'innovation veut, entre autres, développer des liens de collaboration entre les personnes qui font de la recherche dans le domaine médical avec celles qui travaillent davantage en sciences sociales. En effet, un regard intersectoriel est absolument nécessaire afin de développer des solutions porteuses en santé durable.

Et avec le déménagement des activités cliniques et de recherche de l'Hôtel-Dieu de Québec vers le site de l’Hôpital de l'Enfant-Jésus, il serait possible de saisir l'opportunité pour développer un « hub » en santé durable, et ce, en plein cœur de Québec. Premier hôpital en Amérique au nord du Mexique, c'est dans ce lieu porteur d'histoire que le Dr Després se plait à imaginer un centre de recherche multidisciplinaire sur la santé durable. Il sait qu'il peut compter sur la collaboration des Augustines à proximité puisque depuis déjà bien longtemps, elles ont compris qu'on soigne les malades et non pas seulement les maladies.

Maison citoyenne, voilà l'image évocatrice de ce lieu de soins et de recherche où l'on repense la santé en y incluant le mouvement et les rencontres, où les lieux invitent à y venir, en les rendant invitants et rassurants. Et un lieu clé en main, où les gens s'y retrouvent aisément.

Mais voilà, comme l'équipe de TOPO le faisait remarquer : l'Hôtel-Dieu de Québec est en Haute-Ville et les gens qui ont le plus besoin d'une telle maison citoyenne demeurent en Basse-Ville. La barrière, bien qu'imaginaire, existe bel et bien.

« Il faudra trouver des moyens pour inciter les gens de la basse ville à venir dans leur maison citoyenne; pensons-y en même temps qu'on repense l'Hôtel-Dieu » rétorque Dr Després, qui affirme que cette préoccupation existe déjà dans la réflexion actuelle.

Pour résoudre cette question, il faudra probablement la collaboration de la Ville de Québec. Or, à première vue, la santé ne semble pas faire partie de la liste des responsabilités municipales. À Québec, si. En effet, la ville est finaliste au Défi des Villes intelligentes du Ministère fédéral de l'Infrastructure et des Collectivités, en collaboration avec l’Université Laval et une communauté de chercheurs mobilisés par l’Alliance santé Québec.

Et quel est le titre du dossier de candidature de la Ville de Québec ? On vous le donne en mille : Les inégalités sociales en santé : comprendre et intervenir autrement.

Le projet permettrait justement d'aider les équipes de recherche en santé d'avoir accès à un grand nombre de données sur les quartiers et leurs populations, de façon beaucoup plus pointue. Comme à Stockholm, où l'expérience ciblée dans certains quartiers a permis de diminuer de façon marquée des problèmes de santé. Ça se fait en Suède, pourquoi pas à Québec ?

Chez Topo planification, nos recommandations et propositions s'inscrivent également dans une perspective de santé durable.

Merci au Dr Després pour cette rencontre très stimulante et inspirante.

 

En passant, sept ans, c'est plus de 2 500 jours de moins dans une vie. C'est vraiment beaucoup!

Photo : Courtoisie de J.-P. Després

Le 12 février dernier, une partie de l’équipe de Topo planification a eu le plaisir de rencontrer le Dr Jean-Pierre Després, directeur de la science et de l’innovation à l’Alliance santé Québec. L'objectif de la rencontre? En savoir davantage sur la notion de santé durable.

Semblable à la notion générale plus large de développement durable, le Dr Després explique ainsi ce qu'est la « santé durable » : « C'est une communauté humaine qui veut vivre en santé dans un environnement en santé. Non seulement les humains sont en santé, mais aussiles animaux et la planète. »

Selon lui, l'un des grands enjeux pour le monde de la santé, c'est la gestion des inégalités sociales en matière de santé. Pour y arriver, il faut modifier sa façon de travailler. Plutôt que de soigner simplement la maladie pour laquelle les gens viennent consulter, il faut considérer également la situation que ces gens vivent et le milieu dans lesquels ils évoluent.

Comme le dit le Dr Després : « La santé durable, ce n’est pas seulement gérer la maladie mais s’occuper de la personne dans sa globalité. On travaille avec et pour les personnes. »

 

3 jeunes Françaises acceptent de bâtir un centre hospitalier à Québec conforme aux principes de la santé durable

Rencontre de Topo planification avec Soeur Lise Tanguay, Supérieure des Augustines, sur la santé globale

 

Santé globale

Selon Sœur Tanguay, la santé globale, c’est l’idée retrouver et/ou maintenir en misant sur la prévention et le développement de saines habitudes de vie, en faisant attention à soi, « …en se re cueillant, c’est-à-dire en se cueillant de nouveau, pour se retrouver. » Selon elle, l'un des grands enjeux d’aujourd’hui, c'est de retrouver le temps de prendre le temps, dans cette vie mouvementée si agitée, où les sources de stress sont si nombreuses et si omniprésentes. Au Monastère des Augustines, où il est possible d’être hébergée, aucune distraction n’est disponible, même pas de radio.  Les cellulaires sont recueillis de façon volontaire; des pochettes ont été fabriquées sur place, de façon artisanale, à cette fin.

Ce lieu qu’est le monastère des Augustines orienté vers le concept de santé globale offre différentes programmations qui visent à favoriser l’expression du vécu, le partage. Il y a des gens qui y viennent pour vivre simplement un temps de silence, de solitude bienfaisant, ressourçant. D’autres veulent partager une parole, un état d’être.

Pour contrer la solitude, une réalité pour bien des gens, des promenades de groupe sont proposées. Pour retrouver la quiétude, on organise des Cercles de la parole, entre autres pour le personnel de l’hôpital. Le besoin d’échanger peut être bienfaisant pour le personnel de la santé, là où le stress est élevé, le rythme est accéléré et les demandes sont multiples et infinies. Pour les soignants et soignantes, des cercles de parole ont été formés où, entre pairs, l’on peut s’exprimer sur ce que l’on vit, libérer des émotions etc…Les témoignages éloquents…Des marches aussi dans la nature peuvent faire partie de la programmation.

Sans avoir porté le nom de santé globale, les habitudes de vie des Augustines en sont toutefois empreintes. À titre d’exemple, elles se lèvent de bonne heure puis prennent volontairement leur déjeuner en silence. Pourquoi ? Comme Sœur Tanguay l’explique simplement : « C’est un temps qu’on prend pour soi, pour mieux se préparer à vivre la journée qu’on a à vivre…On commençait ainsi calmement la journée parce qu’après ça, quand on ouvrait la porte du Monastère pour arriver à l’hôpital, c’était tout un autre monde! » 

Le déménagement d’une grande partie des activités vers l’Hôpital Enfant-Jésus ne laisse pas la Congrégation indifférente quant à la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu de Québec. Cette dernière participe aux travaux de la nouvelle vocation de leur hôpital et l’on ne voudrait surtout pas que la tour plus moderne devienne par exemple une tour à bureaux. Selon Sœur Tanguay, la mission de soins, de recherche et d’enseignement de l’Hôtel-Dieu doit y demeurer. La Congrégation a d’ailleurs fait des propositions sur son rôle renouvelé : y intégrer des soins palliatifs de courte, moyenne ou de longue durée ; recréer un foyer accueillant pour les personnes handicapées, au cœur du Vieux-Québec bien adapté aux chaises roulantes; conserver une urgence de proximité pour les touristes et les gens qui vivent dans le Vieux-Québec. Préserver tout le travail, toute l’histoire et l’héroïsme de celles qui l’ont fondé.

Le projet des trois jeunes Françaises

Comme le mentionne le titre de l’article, les trois jeunes femmes qui ont accepté de bâtir un centre hospitalier à Québec conforme aux principes de la santé durable, se prénommaient Marie Guenet, Marie Forestier et Anne Le Cointre.  Mandatées par décret royal de Louis XIII pour fonder le premier hôpital de l’Amérique du Nord au nord du Mexique, le financement est venu de la générosité de la Duchesse d’Aiguillon, qui a monté le projet avec la Congrégation. Et quelle a été la première mission de ces trois jeunes femmes dans la vingtaine ? Soigner les femmes et les filles, les hommes et garçons des Premières Nations, que la petite vérole décimait.  Ainsi que les 200 colons qui y vivaient à l’époque. 

Dans des conditions incroyables à imaginer aujourd’hui.

C’était en 1639.

 

Elles peuvent reposer en paix en sachant que, 380 ans plus tard, la Congrégation et leur hôpital existent encore.  Et que, soutenu par un fort consensus du milieu, l’Hôtel-Dieu jouera encore un rôle central pour soigner et préserver la santé physique, mentale et spirituelle des gens. 

Ce mercredi, 6 mars dernier, TOPO eu le plaisir de rencontrer Sœur Lise Tanguay, Supérieure générale de la Fédération des monastères des Augustines. L'objectif de la rencontre? En savoir davantage sur la notion de santé durable.  Et mieux connaître ces trois femmes dans la vingtaine qui ont accepté le mandat proposé par leur organisation charitable pour mettre en place des services hospitaliers à Québec. De ce que je comprends, le financement du projet est privé et la clientèle sera d’abord celle des Premières Nations. Les services de santé offerts seront conformes aux principes de la santé durable.

Avant d’en parler davantage, voyons comment on définit ici la santé durable, appelée ici santé globale, la première étant la conséquence de l’autre, selon Sœur Tanguay.

Photo : Courtoisie de Sœur Lise Tanguay